vendredi 6 octobre 2006

La disparition du "carnet"

Il était une fois un inspecteur du travail.

Parce que des fois ça déborde, parce que des fois on a envie de faire connaître ce que l'on sait, on ne se contente plus de raconter dans son cercle les petits faits et gestes auxquels on assiste toute la journée, les petits coups de canif, voire les grands coups de couteau qui sont infligés au droit du travail. Puis deux collègues se font assassiner dans un quasi silence médiatique, alors on ouvre un blog.

Il se pseudomait Bereno, était hébergé par Le Monde et avait intitulé son lieu Carnet d'un inspecteur du travail.
Il y racontait ce qu'il voyait, ne citait personne, ni individus, ni entreprises, il se contentait raconter des faits, son quotidien.

C'est sûr que la lecture de ces billets ne devaient pas spécialement plaire à ceux qui fustigent les 35 heures, ni à ceux qui pensent que l'Etat a tort de mettre son nez dans les entreprises privées, ni à ceux qui trouvent que le bien-être et la sécurité des travailleurs a moins d'importance que le flux de la production, ni à ceux qui déclarent que le principal but de l'entreprise est de rétribuer l'actionnaire, ni à ceux qui comme madame Parisot, patronne du MEDEF, considèrent le droit du travail actuel comme un carcan.

Eh bien que tous ces gens se rassurent, l'ami Bereno a fermé son blog, au grand dam de pas mal de ses lecteurs réguliers (comme moi, je l'avoue, monsieur l'agent). Il l'a fermé lui-même, poussé on ne sait pas par qui, mais certainement à contre coeur. Le poids d'une hiérarchie, un petit chef teigneux, un directeur de cabinet que l'année électorale qui vient rend nerveux, voire un ministre à qui cette lecture donne des boutons, quelle que soit l'origine, cette auto censure a quelque chose d'intolérable dans un pays comme le notre, qui paraît incapable d'assumer ses manques et qui, lorsque la sirène se met en marche, préfère éteindre la dite sirène plutôt que le feu lui-même.

Voilà, ce sera mon coup de gueule de fin de semaine.

Il est d'ailleurs partagé par des gens très bien dont Le Monolecte et Eolas parmi bien d'autres.

Salut Bereno, à plus tard, ailleurs peut-être.

rubon223

Aucun commentaire: